Guitare LiveMagazineGuitare Live N° 81Infecté par le Biohazard

Infecté par le Biohazard

Biohazard est orphelin d’Evan Seinfeld mais ça ne l’inquiète pas. Tout d’abord car son dernier album en date, Reborn In Defiance, a été enregistré avec la rockstar pornstar et ensuite parce que le trio restant peut très bien assumer ses responsabilités et porter un peu plus loin encore son énergie retrouvée.
Propos recueillis par Nicolas Didier Barriac



As-tu des attentes précises pour cet album, Reborn In Defiance, qui marque votre retour en studio après sept ans d'absence ?
Billy Graziadei
: Je n'ai aucune attente en particulier. En effet, nous avons fait le disque, il est bouclé et nous en sommes très satisfaits. Nous sommes déjà passés à autre chose. Pour tout te dire, je suis actuellement en studio pour essayer de mettre en boite d'autres morceaux. Je suis très excité à l'idée de jouer les en concert et de partir sur la route dans environ un mois. Voilà où j'en suis. Les espoirs de réussite avec le nouvel album ne m'affectent pas car quoiqu'il arrive j'ai fait ce que j'avais à faire. Nous avons composé de bonnes chansons et avons passé de bons moments à faire Reborn In Defiance. Nous verrons bien ce qu'il se passera en termes de retombées commerciales. Dans la vie, je me préfère me fixer des objectifs réalistes, les atteindre et passer à autre chose. Je n’emploie pas mon temps …pas mon temps à espérer que telle ou telle chose arrive... Plutôt que d'attendre quelque chose, je préfère me doter des moyens pour provoquer cette chose. Je suis trop occupé pour être fataliste (rires).

Reborn In Defiance semble en tout cas avoir remis la machine Biohazard en route et, d'après ce que tu nous dis, vos fans ne vont pas devoir attendre encore sept ans pour entendre de nouvelles compositions du groupe...
B. G.
: Je te garantis que les fans ne devront même pas attendre sept mois pour entendre de nouveau des chansons de Biohazard. Il y a en a déjà trois sur lesquelles nous travaillons. Nous espérons les sortir très bientôt.

L'idée est-il de faire un EP « intermédiaire » ou de déjà sortir un nouvel album, le second en 2012 ?
B. G.
: Actuellement, je bénéficie du confort d'un studio donc c'est super pratique pour moi d'enregistrer immédiatement les idées que je peux avoir. Depuis que nous avons terminé Reborn In Defiance, je continue à être super créatif. Je chie littéralement de la musique ! J'essaye de me drainer complètement avant de partir en tournée car à ce moment-là ça sera plus compliqué pour enregistrer et même pour composer. Je ne sais pas trop sous quelle forme sortiront ces morceaux mais c'est certain que j'ai retrouvé tout mon amour pour ce groupe qu'est Biohazard.

Comment se fait-il que cet amour t'ait quitté il y a sept ans ?
B. G.
: Quand nous avons splitté il y a sept ou huit ans, j'avais dit tout ce que j'avais à dire. Nous avions fait de grandes choses ensemble mais nous étions vidés musicalement. Means To An End a mis deux ans à sortir et nous étions déjà plus ou moins séparés en 2003. En formant Suicide City, j'ai rapidement compris que j'avais un regret en tête : celui de ne pas avoir rejoué avec Bobby au sein de Biohazard. Quand j’ai vu qu'il n'y avait pas d'avenir pour Biohazard, j'ai laissé tomber mais je trouvais ça dommage. En 2008, un pote à moi dont je ne me souviens plus m'a remis sur la route de Bobby. C'était le début de la nouvelle ère de Biohazard, celle dans laquelle nous sommes actuellement. Les choses changent dans la vie et parfois elles changent très vite. J'ai toujours pensé qu'il fallait suivre le mouvement et laisser les choses s'arranger d'elles-mêmes.

Biohazard a évidemment connu un changement de line-up cette année. Comment est-ce que cela affecte vos nouvelles compositions ?
B. G.
: Ca n'a eu aucun effet, en fait... Je suppose que tu fais référence au départ d'Evan... Comment dire ? Quand il a choisi d'arrêter, ce fut un énorme choc pour nous trois. Ca nous a fait chier et ça me fait toujours chier d'ailleurs. Mais c'est comme ça ! Et nous avons décidé de continuer sans lui. Cela veut dire que nous nous sentons capables d'assumer sans lui. Il n'y aucune pénurie de créativité dans Biohazard, avec ou sans lui. Je ne cherche pas à minimiser son apport mais les chansons n'auraient pas été très différentes. L'âme du groupe vit toujours aujourd'hui. Et de fort belle façon, si tu veux mon avis.

Bien sûr. Mais Evan était tout de même un membre à part entière du groupe. Son départ peut aussi vous ouvrir de nouvelles possibilités auxquelles il s'opposait jusqu'ici...
B. G.
: Ca n'a pas grand chose à voir avec Evan, mais j'ai beaucoup repensé à nos débuts. A cette époque, je savais exactement ce que j'aimais. Je passais tout mon temps à vivre pour Biohazard, à tel point que je perdais de vue la plupart de mes amis, autant par manque de temps que parce que j'évoluais vers une personne différente. Vers 2003, j'ai réalisé que j'avais du mal à payer mes factures. Je me suis diversifié avec des studios, différentes combines et même un autre groupe. Je ne peux plus compter que sur Biohazard pour vivre. Mais c'est tant mieux : je suis dans le groupe car je l'adore !

Toutefois, une reconnaissance massive n'a jamais fait de mal...
B. G.
: Si le groupe vend des disques tant mieux mais je ne suis pas tributaire de son avenir. Nous avons la même liberté qu'à nos débuts. Seulement, à nos débuts, je n'étais pas conscient de cette liberté qui s'offrait à nous. Je pense que mes deux camarades dans le groupe partagent également cet avis. L'industrie du disque est tellement incompréhensible de nos jours qu'il vaut mieux de ne pas s'attendre à vivre que de son groupe. Payer son emprunt de bagnole, son loyer et avoir assez d'argent pour manger et faire la fête : ça fait déjà pas mal de revenus pour un groupe de musique ! Bonne chance aux nouveaux groupes qui s'attendent à la gloire et à la fortune. Biohazard partira en tournée car nous adorons ça et surtout pas parce que nous y sommes obligés.

Tu seras à Paris avec Suicidal Tendencies dans peu de temps. Paris, ça t'évoque quoi ?
B. G.
: Plein de choses (rires) ! J'ai été arrêté à Paris ! La première fois que nous avons joué à Paris, Bobby a été arrêté aussi. Dans le groupe, j'étais toujours le mec qui attirait les ennuis mais j'étais aussi celui qui s'en tirait le mieux (rires). Bobby et Evan ont eu plus de problèmes que moi ce soir-là... Un soir j'étais avec des types et nous sommes tous partis en boite. La musique était de la disco pourrie et tous les gens étaient hyper superficiels et tellement loin de notre culture... Ca m'a énervé. Nous nous sommes posés au balcon, loin de tout le monde. J'étais bien déchiré. Je regardais en bas et je voyais tous ces connards qui dansaient en faisant comme s'ils étaient heureux parce qu'ils faisaient le truc cool du moment. Je voulais me mettre un doigt dans la gorge pour vomir sur tout le monde. Et je l'ai fait (rires). Ils ont été infecté par Biohazard ! Ca devait être pendant la tournée de 2003. Voilà le premier truc qui me vient quand je repense à Paris ! Je suis un type bien mais il ne faut pas m'énerver, c'est tout.

Nuclear Blast
www.biohazard.com