Printemptation est une composition intéressante du point de vue de
l'improvisation, car bien que basée sur des figures harmoniques extrêmement
banales dans le Jazz (et en fait dans toute la musique occidentale), elle
présente deux difficultés majeures.
La lecture de la grille permet de constater que le morceaux est presque
exclusivement construit à partir de II V I, majeurs ou mineurs. Le II V I est
effectivement la figure harmonique la plus répandue dans le Jazz, et plus
largement, constitue le fondement incontournable de toute la musique
occidentale (le fameux principe tension / résolution). Jouer avec cette figure
est probablement l'une des premières choses que l'on apprend quand on débute
l'improvisation. Alors, si l'occident est si familier du II V I, où se
trouvent les difficultés ?
La première difficulté est que le morceaux « bouge beaucoup ». En le «
dépliant » séquentiellement (et en faisant abstraction de la reprise), on peut
trouver 11 tonalités qui se succèdent. La deuxième difficulté est qu'en deux
endroits, le motif rythmique change brièvement pour passer à 3 temps.
Voici dont deux conseils relatifs à ces deux difficultés, pour bien démarrer
le travail:
Concernant la progression harmonique: dans la mesure où improviser sur un II V
I ne présente pas de difficulté majeure, il est ici plus important de maitriser
les changements de tonalité que les tonalités elle-mêmes. C'est d'ailleurs
l'un de mes crédos de musicien: ce qui fait la qualité d'une improvisation, ce
ne sont pas tant les phrases, que comment elles s'articulent entre elles. Une
succession de phrases « correctes » mais sans queue ni tête n'a aucun intérêt.
Par contre, un lien logique qui unie les phrases entre elles transforme votre
improvisation en une véritable histoire musicale, avec un début, un milieu et
une fin, et c'est là que la musicalité existe.
Vous noterez au passage que le thème du morceau lui-même représente bien ce
concept: on retrouve presque constamment le motif exprimé dans les 3 premières
mesures, mais décliné sous différentes formes, avec des variations subtiles
qui contribuent à unifier toutes les tonalités rencontrées, en leur donnant
une logique commune...
Concernant les subtilités rythmiques: en général, on est plus habitué aux
changements harmoniques que rythmiques dans le travail occidental. Il faudra
donc veiller à ne pas se laisser déstabiliser par l'incursion des mesures à 3
temps. D'autre part, l'improvisation doit être suffisamment « en harmonie »
avec la progression rythmique, pour que ces mesures à 3 temps ne donnent pas
l'impression de tomber comme un cheveux sur la soupe. Quand on écoute le
thème, ces mesures ne choquent pas (du moins je l'espère !); elles ont l'air
naturelles, et cela doit également être le cas dans l'improvisation. En
d'autres termes, ces mesures doivent s'intégrer naturellement dans leur
environnement 4/4.
Pour autant, ces mesures sont à 3 temps, et elles doivent être assumées comme
telles... Une erreur grossière à ne pas commettre serait par exemple de penser
les mesures 13, 14 et 15 (3/3, 3/3 et 2/4) comme deux mesures à 4 temps !
Certes, il y a le compte, mais ce n'est pas du tout le sens musical du
morceau...
Voilà, j'espère que ces considérations vous aideront à bien démarrer... notez
enfin que quand j'ai écrit ce morceau, je n'ai pas pensé à tout ça. La musique
doit s'exprimer d'elle-même, et peut éventuellement faire l'objet d'analyse,
mais APRÈS !
Bon travail, et surtout, amusez-vous bien !
Didier Verna
Site officiel de DIDIER VERNA :
Un tas d'infos à cette adresse
oups !!!
une bonne occasion d'perdre quelques mediators et
d'bosser sur cette superbe zic !!
Merci ! _________________ Il vaut mieux prêter à sourire que donner à réfléchir.
chez Pouf: http://patpouf.free.fr
Route66 myspace:
http://www.myspace.com/route66webband
j'ai tenté à linstinc, bha là ça coince sec, rien de bon, pourtant il me plaît, mais malgrès mon oreille à toute épreuve, là c'est pas très clair dans mon brain, en plus on tombde sur des tonalité bémol , là je suis perdu, je vias voir demain, je vais essayer l'immersion totale, le lavage de cerveau, jusqu'à l'absorbtion totale de la grille , c'est à dire que je puisse l'entendre sans l'écouter , méthode thibétaine _________________ http://hypermoustik.blog4ever.com/ http://hypermoustik.blog4ever.com/
je vais essayer l'immersion totale, le lavage de cerveau, jusqu'à l'absorbtion totale de la grille , c'est à dire que je puisse l'entendre sans l'écouter , méthode thibétaine
Mais c'est la bonne méthode... que je pratique moi-même tous les jours. On pratique ça souvent pour le rythme (par exemple, qui a encore besoin de compter 12 mesures pour jouer un blues ?), mais pour l'harmonie c'est pareil.
Il faut savoir jongler avec les tonalités, c'est à dire entendre les transitions sans même se rappeler de quelle note (absolue ou relative) il s'agit.
ah oui qu'à l'oreille ...j'me disais bien que c'etait surement possible d'improviser sur de la zic modale sans etudier la grille...mais bon faut vraiment avoir envie de jouer ce genre de musique car ça demande surement un investissement en temps assez considerable et des connaissances solides en harmonie egalement je suppose....surtout là ..;quand j'vois ecrit 11 tonalités differentes ,bah ça fait peur...j'ai ecouté le morceau sur le Myspace : tout semble si evident ...tres coltranien ce morceau ...avec la guitare ,ça m'fait penser à du pat Martino...mais je reste plus attiré par le pat Martino en tant que bopper ...trop complexe la musique modale ...mais le morceau de didier Verna : j'accroche bien : magnifique musique à vrai dire. _________________ http://www.myspace.com/laurentbieber