| La tenue du médiator en main
Quand on démarre à la guitare, on est souvent amené
à faire un choix : jouer avec ou sans médiator.
Si comme dans Matrix vous avez pris la pilule rouge (pour jouer néo
;-), donc le médiator, la suite vous intéresse. Quant aux
autres qui préfèrent le toucher des doigts, lisez quand
même car vous passez peut-être à coté d’une
nouvelle façon de pratiquer la guitare. En musique comme ailleurs,
il est toujours bon d'expérimenter. Mais l’une des questions
qui vient vite est : comment tient-on ce fichu bout de plastique (ou de
bois pour certains) ! Justement, c’est ce dont nous allons causer
ici.
Les exemples pris ici concernent le médiator le plus commun, qu’on
appelle aussi en anglais flat-pick. Pour faire l'intello dans les salons
littéraires, on peut dire aussi « plectre », mais c’est
moins rock’n’roll.
Il existe de nombreux types de médiators, une variante aussi avec
les onglets qu’on enroule autour du pouce, etc. Mais nous parlerons
de leur taille, matière ou dureté beaucoup plus en détail
une prochaine fois. Une fois qu’il ne s’envolera plus au fond
de la pièce au premier battement de poignet, il sera temps de l’ausculter
en détail pour vous aider à choisir l’épaisseur
et la forme de votre médiator idéal. D’abord, il faut
savoir le prendre bien en main.
Si en achetant votre guitare, on vous a donné un médiator
souple mais pas trop, par exemple d’une épaisse de 0.80 à
1 millimètre (l’épaisseur est souvent écrit
dessus), c’est parfait. Contentez-vous en pour l’instant :
vous avez l’outil, voyons la méthode.
Rester ferme, sans forcer
La plupart des questions des débutants concernent la tenue et
la force avec laquelle on doit serrer le bestiau.
La façon de tenir un médiator, la fermeté ou la
douceur avec laquelle on frotte les cordes vont forger votre son et votre
personnalité musicale. Vous allez devoir tester, expérimenter.
Comme souvent en musique, que ce soit pour l’harmonie ou pour la
technique, la façon idéale est celle qui vous convient le
mieux, une fois qu’on en a essayé plusieurs.
Il existe quelques règles. Lorsque vous jouez des rythmiques rock
par exemple, si vous voulez rendre un passage punchy, une attaque franche
et un médiator tenu assez fermement se traduiront très probablement
par un côté dur et énergique dans votre son.
Pour autant, on peut jouer hargneux sans toutefois serrer comme un bûcheron.
Sur des riffs sur une seule corde, on peut jouer vite et énergique
avec les doigts qui opèrent une pression à peine plus forte
que celle nécessaire pour tenir un stylo. Et si nécessaire,
on serre un peu plus sur les rythmiques où beaucoup de cordes accrochent
et tentent de vous arracher des doigts le bout de plastique. Mais ne vous
laissez pas faire, on va les mater.
Vous allez le comprendre, tout est affaire de personnalité, de
dosage et de compromis avec la vitesse d’exécution du geste.
Résumons le problème : il faut tenir ce satané bout
de plastique dans une position précise pour qu’il ne bouge
pas trop même si votre main imprime un geste rapide, faire vibrer
les cordes sans les arracher, et le tout en gardant une certaine distance
verticale pour ne pas labourer la caisse de la guitare. Et pour finir,
obtenir un son qui nous plaise. Cela peut paraître compliqué,
mais on y arrive très vite.
La solution ? Expérimentez les conseils qui suivent, trouvez l’équilibre
entre fermeté et souplesse. Et comme vous avez payé votre
guitare au juste prix, soyez partisan du juste effort : si vous pouvez
jouez le même passage en serrant un peu moins le médiator
sans qu’il s’envole, adoptez cette sensation puisqu’elle
vous évite de forcer inutilement. Progressivement, vous serez plus
décontracté, moins tendu et moins fatigué sur le
plan musculaire.
La façon de tenir le bidule
On pourrait imaginer qu’il existe des tas de façons différentes
de tenir son médiator, pourtant, une forme particulière
domine car elle marche à tous les coups.
Elle consiste à bloquer le médiator entre le plat du pouce
et le tranchant de l’index recroquevillé, et le serrer suffisamment
pour l’empêcher de valdinguer à travers la fenêtre
au premier accord. Le médiator doit dépasser de la main
avec la pointe visible sur quelques millimètres (disons quatre
ou cinq millimètres, mais c’est variable selon les habitudes).
En résumé, deux doigts seulement sont en contact avec le
plectre, en le touchant « à plat ».
Nous vous conseillons vraiment de commencer par cette méthode,
au moins pour débuter. Ensuite, faites comme vous voulez. Comme
on trouve toujours un super guitariste qui tient son médiator un
peu n’importe comment, on pense que ce conseil n’a pas d’intérêt.
Pourtant la méthode proposée ici reste, pour la majorité
des guitaristes, la plus efficace.
Voici une méthode pour le positionner.
1. D’abord, on place les doigts comme si l’on faisait de
l’auto-stop. L’index est plié.
2. On place le médiator en équilibre sur la dernière
phalange de l’index, ou entre les deux phalanges comme sur la photo.
3. On baisse le pouce naturellement. Il vient former une sorte de pince.
Et voilà. Ensuite, on peut ajuster éventuellement légèrement
la position en fonction de son anatomie et de son confort personnel, en
fonction de la sensation donnée en grattant les cordes.
Le fait d’utiliser cette technique du médiator à
plat sur la tranche de l’index a un petit avantage. Elle vous encouragera
à utiliser un mouvement de rotation du poignet (sans utiliser les
doigts) pour battre à la main droite, ce qui sera très utile
par exemple lorsque vous attaquerez des cocotes funky, que vous chercherez
à « sentir » les contre-temps sur un riff ou un solo
rock avec des notes rapides sur une seule corde. Toute l’accélération
sera dans la rotation du poignet. En guitare manouche, le poignet adopte
une position un peu cassée et une attaque assez dure : elle demande
de bien saisir le médiator et vous pouvez vous inspirer de la méthode
proposée.
|